"Une violoniste remarquable, jouant avec virtuosité et raffinement"

Interview La Lettre du Musicien

« Le travail de l’orchestre de chambre est organique »


Clémence de Forceville vient de remporter de concours de violon solo de l’Orchestre de chambre de Paris. Elle revient, pour La Lettre du Musicien, sur son départ du trio Sora et son envie de se diversifier. 



En mai dernier, vous avez quitté le Trio Sōra, dont vous faisiez partie depuis 2019. Pourquoi avez-vous pris cette décision ? 


Le trio a été une expérience extraordinaire. Nous avons enregistré un triple album, effectué des recherches extrêmement poussées, notamment autour de Beethoven, etc. Mais cela me demandait un engagement total, 80 à 100 % de mon temps. Avant d’intégrer le trio, je faisais des concerts en soliste, du quatuor à cordes, du violon solo... Là, c’était exclusif. Or, j’ai senti que j’avais besoin de variété, que, du point de vue artistique, cela ne me satisfaisait plus. C’est important en musique de chambre que tout le monde regarde dans la même direction et ce n’était plus le cas. Et je me réjouis que mes deux anciennes partenaires aient trouvé Amanda Favier. 



Vous intégrerez l’Orchestre de chambre de Paris en janvier 2022. Pourquoi avez-vous visé ce poste ? 


Le métier de violon solo m’attire en ce qu’il propose une très grande variété en termes de répertoire. Par ailleurs, Lars Vogt, est quelqu’un que j’admire énormément, tout comme l’Orchestre de chambre de Paris. Travailler avec eux sera sans aucun doute très enrichissant. Et, contrairement au trio, il ne s’agit pas d’un travail à temps plein. Même si ce poste me demandera beaucoup d’investissement, il me laissera la possibilité d’aller me nourrir ailleurs. D’autre part, dans un orchestre de chambre, le violoniste a une position de leadership. Parfois, il est amené à « jouer/diriger » : il occupe le rôle du chef d’orchestre mais dans une sphère plus intimiste. Finalement, cela se rapproche beaucoup de la musique de chambre : c’est très organique, il y a une écoute totale entre les musiciens. Pour cela, mes expériences antérieures, qu’il s’agisse du trio ou du quatuor à cordes, me seront très bénéfiques. 



Vos expériences, depuis mai, vous ont permis de préparer votre retour à l’orchestre…


J’ai quitté le trio au moment où lieux culturels ont commencé à ouvrir. A cette période, il y avait une espèce d’effervescence. En partant, j’ai eu peur de me trouver au chômage mais en réalité, j’ai vite retrouvé la vie que j’avais avant. J’ai joué en tant que violon solo au sein de l’Orchestre des Pays de Savoie, dans des festivals mais aussi en soliste avec l’orchestre de Baden-Baden notamment. C’était une énorme bouffée d’air après les années de musique de chambre. Cela m’a donné beaucoup de liberté et m’a permis de jouer dans des cadres qui correspondent à ce que l’on nous demande en concours : je me suis réhabituée à la puissance de l’orchestre. En effet, avec le trio, nous n'avons pas tout un ensemble derrière les oreilles. C’est une forme plus intime qui ne demande pas la même projection.  


https://lalettredumusicien.fr/article/-le-travail-de-lorchestre-de-chambre-est-organique-7213


BNN: Mendelssohn's violin concerto


"La soliste de la soirée, la jeune violoniste française Clémence de Forceville, maîtrise toute la gamme des différentes formes d'expression requises par le concerto pour violon de Mendelssohn, elle peut se baigner dans des sons brillants, elle peut montrer sa virtuosité de manière vive et fougueuse, mais elle fascine encore plus le public lorsqu'elle murmure des passages lyriques avec douceur et précision. Ses sons angéliques et flottants étaient assez beaux à faire fondre. En contraste brutal, le mouvement final tempéré était vif, pétillant et palpitant. Le violoniste a remercié les applaudissements enthousiastes avec la Sarabande de la Sonate pour violon seul en ré mineur de Johann Sebastian Bach, qui était à nouveau un mouvement lent joué avec beaucoup de sensibilité."


- BNN/ Karl-Heinz Fischer
Traduit de l'allemand


"Auch die Solistin des Abends, die Junge Französische Geigerin Clémence de Forceville beherrscht zwar die ganze Bandbreiter unterschiedlicher Ausdrucksformen, wie sie das Violin Konzert von Mendelssohn erfordert, sie kann in fulminanten Klängen baden, kann quirlig und voller Temperament ihre Spieltechnische Virtuosität zur Geltung bringen, noch mehr aber fasziniert sie das Publikum, wenn sie lyrische Passagen leise und mit Präzision dahinhaucht. Ihre engelhardt schwebenden Klänge waren zum Dahinschmelzen schön. In hartem Kontrast dazu kam der Temperamentvolle Schlusssatz spritzig, prickelnd und mitreißend. Für den begeisterten Beifall bedankte sich die Geigerin mit der Sarabande aus der Sonate für Violine Solo D-moll von Johann Sebastian Bach, bezeichnenderweise auch wieder ein höchst sensibel gespielter langsamer Satz."


- BNN/ Karl-Heinz Fischer

Badisches Tagblatt: Mendelssohn's violin concerto


« L'engagement de la jeune et prometteuse violoniste française Clémence de Forceville s'avère être un autre atout de la soirée : le Concerto en mi mineur de Felix Mendelssohn, avec ses trois mouvements qui se fondent l'un dans l'autre, exige de la technique et une finition tonale, mais aussi de l'expressivité et une variabilité des couleurs de timbre. En plus de ses talents de soliste, la violoniste a une grande expérience en tant que musicienne de chambre, ce qui profite de manière audible à sa vision du concerto en mi mineur. Aussi radieux que son violon de Lorenzo Storioni de 1777 puisse remplir la salle, ici l'accent n'est pas seulement mis sur la puissance. L'élégance de son jeu caractérise l'interprétation, et la précision non affectée même dans les petites valeurs de notes, la chaleur de son timbre qui fait ressortir l'éclat du concerto, que Clémence de Forceville réalise avec beaucoup de verve mais toujours avec une élégance ludique, capte l'essence de la composition. Ici, l'orchestre philharmonique, et ses solistes aux sons magnifiques, est invité par Förster à fournir un accompagnement concentré avec un sens de la variation du tempo. En bis, la violoniste joue un mouvement d'une sonate pour violon solo de Johann Sebastian Bach: concentré dans l'expression, intériorisé, presque détaché du monde."


- Thomas Weiss/ Badisches Tagblatt
Traduit de l'allemand


"Die Verpflichtung der jungen, aufstrebenden französischen Geigerin Clémence de Forceville erweist sich als ein weiteres Pluspunkt des Abends: Felix Mendelssohn e-moll Konzert mit seinem drei ineinander übergehenden Sätzen erfordert Technik und klanglichen Feinschliff, aber auch Ausdruckskraft und Variabilität der Klangfarben. Die Geigerin verfügt neben ihrer solistischen Klasse über viel Erfahrung als Kammermusikerin, was ihrer Sicht auf das e-moll Konzert hörbar zugute kommt. So strahlend ihre Violine von Lorenzo Storioni von 1777 den Saal auch füllen mag, hier wird nicht nur auf Wucht gesetzt. Die Eleganz ihre Spiels prägt die Interpretation, die unaufgeregte Präzision auch in kleinen Notenwerten, die Wärme ihrer Tongebung, das Strahlende des Konzerts, das Forceville mit viel Elan aber stets spielerischer Eleganz verwirklicht, trifft das Wesen des Komposition. Wobei die Philharmonie mit ihren klang-schönen Hochbläser Solistinnen von Förster zur konzentrierten Begleitung mit Sinn für Tempo Variationen angehalten wird. Als Kontrast spielt die Geigerin einen zugegebenen Satz aus einer Solosonate von Johann Sebastian Bach, Konzentriert im Ausdruck, verinnerlicht, fast weltabgewandt"


- Thomas Weiss/ Badisches Tagblatt